Dans le cadre de notre projet pédagogique autour des émotions, nous avons consacré le mois de mars à l’exploration de la peur, symbolisée par la couleur noire.
Après avoir découvert la colère en janvier et la tristesse en février, les enfants poursuivent ainsi leur voyage émotionnel, avec pour objectif de mieux comprendre, identifier et exprimer ce qu’ils ressentent.
Explorer la peur à travers des activités créatives
Afin de représenter la peur de manière visuelle, les enfants ont décoré leur monstre des émotions à l’aide de gommettes noires. Cette activité leur a beaucoup plu et constitue actuellement un excellent exercice de motricité fine qu’ils réalisent avec plaisir.
Pendant ces moments, nous avons abordé avec eux le thème de la peur, en leur donnant des exemples concrets de situations pouvant susciter cette émotion.
Nous avons cependant constaté que la peur reste une émotion plus difficile à appréhender pour les jeunes enfants, contrairement à la joie ou à la tristesse, qu’ils rencontrent plus fréquemment dans leur quotidien.
Nous resterons attentifs dans les semaines à venir afin de repérer les situations où un enfant pourrait ressentir de la peur, pour pouvoir l’accompagner et mettre des mots sur cette émotion.
Quand la peur se manifeste dans le quotidien
Lors d’une promenade au Galgebierg, les enfants ont observé une grande statue en bois représentant un géant. Habituellement, cet élément suscite surtout de la curiosité et l’envie de grimper.
Mais ce jour-là, un enfant s’est arrêté, hésitant, et a exprimé qu’il avait peur.
Cette situation a été une opportunité précieuse pour engager un échange authentique : nous avons pu discuter avec lui de ce qui l’inquiétait. Un autre enfant s’est joint à la conversation et a partagé un ressenti similaire.
Ces moments spontanés du quotidien sont particulièrement importants, car ils permettent d’aborder la peur sans la provoquer, mais en respectant le vécu réel de l’enfant.
Le tourbillon de la peur
Lors d’une activité sensorielle, nous avons utilisé de l’eau claire pour représenter les émotions : calme, transparente et paisible.
En y ajoutant quelques gouttes d’eau colorée en noir à l’aide d’une pipette, les enfants ont observé comment la couleur se diffusait lentement. Nous avons expliqué que la peur peut apparaître et grandir, tout comme ces volutes sombres dans l’eau.
Au fond du récipient se trouvait une image, d’abord invisible. En plaçant un verre transparent dans l’eau, celle-ci s’est déplacée, révélant peu à peu l’image cachée.
Cette expérience a permis de faire comprendre aux enfants que même si la peur peut sembler grande et envahissante, il y a toujours quelque chose de positif derrière (une solution, de l’aide, du courage ou des personnes bienveillantes).
Les « mangeurs de peur » : apprivoiser ses émotions
Tout au long du mois, nous avons également proposé des temps d’échange où les enfants pouvaient parler librement de leurs peurs : obscurité, bruits forts ou créatures imaginaires.
Afin d’avoir la participation active des familles, nous avons invité les parents à réaliser avec leur enfant un « mangeur de peur ». Cette activité créative a rencontré un grand succès et a permis de prolonger la réflexion à la maison.
Les créations ont ensuite été exposées dans la salle de groupe. Chaque enfant a choisi une image représentant sa peur et l’a symboliquement « donnée à manger » à son monstre.
Cette démarche ludique leur a permis de comprendre qu’il est normal d’avoir peur
et qu’il existe des moyens de faire face à ses émotions.
Dessiner et représenter sa peur
Comme pour les émotions précédentes, nous avons demandé aux enfants ce qui leur faisait peur et avons noté leurs réponses.
Nous avons constaté que la peur reste encore peu connue pour eux et qu’ils éprouvent des difficultés à en parler.
Pour rendre cette exploration plus ludique, les enfants ont réalisé leur dessin de la peur :
Bouger pour apprivoiser la peur
Nous avons également proposé des activités motrices sur l’Airtramp, permettant aux enfants de vivre et exprimer la peur à travers le corps, dans un cadre sécurisant et ludique.
La souris effrayée : Les enfants se déplacent comme de petites souris. Lorsqu’un bruit est évoqué dans l’histoire, ils se mettent en boule pour représenter la peur, puis reprennent leur mouvement avec courage.
Du lapin peureux au lion courageux : Les enfants commencent avec des mouvements hésitants, comme des lapins craintifs, puis évoluent progressivement vers des lions courageux, avec de grands sauts et des rugissements.
Ces activités permettent de libérer les tensions, de mieux gérer les émotions et de développer la régulation émotionnelle
L’utilisation de l’imaginaire (animaux, histoires) facilite l’identification des émotions et rend l’apprentissage accessible aux plus jeunes.
La tortue du courage
Cette activité a permis aux enfants d’explorer la peur à travers un support concret et rassurant : la tortue.
En s’identifiant à elle, l’enfant comprend qu’il est normal de se protéger lorsqu’il a peur, comme la tortue qui se cache dans sa carapace.
Le fait de « ressortir » symbolise quant à lui le retour au calme et au courage.
Cette approche douce et bienveillante aide les enfants à mieux comprendre leurs réactions face à la peur.
Mon monstre de la peur
Les enfants ont fabriqué leur propre monstre de la peur à partir de rouleaux de papier toilette recyclés.
À travers la peinture, le collage et différents matériaux, ils ont créé un personnage effrayant, tout en gardant le contrôle sur celui-ci.
Cette activité permet d’exprimer la peur de manière indirecte, de transformer une émotion en objet concret et de valoriser l’autonomie et la créativité
Sans notion de « bon » ou « mauvais » résultat, chaque enfant a pu expérimenter librement et s’approprier son ressenti.
🖤 Journée de clôture : « Tous en noir »
Pour marquer la fin de ce mois riche en découvertes, nous avons organisé le 27 mars une journée spéciale intitulée « Tous en noir ».
Les parents ont été invités à habiller leurs enfants en noir, couleur symbolique de la peur. Cette journée festive et symbolique a permis de clôturer le projet tout en renforçant le sentiment d’appartenance au groupe.
Après ce voyage à travers la colère, la tristesse et la peur, nous poursuivrons en avril avec une nouvelle émotion : la joie, associée à la couleur jaune.